L'environnement et l'alimentation

Perspectives d'avenir sur l'environnement et l'alimentation

 

 

L'environnement, les questions environnementales, « ça commence à bien faire », nous a dit il n'y a pas si longtemps de cela, en 2010, un certain Président.

3 ans plus tard, qu'en est-il ? Est ce que les questions environnementales ont été traitées, peut-on vraiment passer à autre chose ? La bonne blague ! Même si, globalement, les consciences se sont un peu éveillées, se sont un peu intéressées à la question, même si quelques avancées ont été faites par ci, par là, on est encore très loin d'un résultat ne serait-ce que satisfaisant ; pire que cela, nous sommes encore dans le combat de tout les jours, ou des millions de David doivent gagner contre des énormes Goliath, mais, contrairement à la légende, sans être certain ni de gagner, ni même d'entailler l'énormité.

Prenons la base de nos institutions, le passage obligé de toutes nos chères têtes blondes : l'école. Un lieu préservé, neutre, épargné ? Que c'est beau, la naïveté. Beau, mais dangereux, car certains individus n'hésitent pas à en profiter.

Ainsi, au Canada, les ogm sont clairement mis en avant, sans qu'aucun défaut ne soit énoncé à leur encontre. On nous parle d'une perspective de l'avenir, mais cette perspective aurait éventuellement pu avoir lieu il y a 20, 30 ans, quand les ogm n'existaient pas, ou en tout cas quand on ne connaissait pas encore les inconvénients de ces produits. Or, en 2013, on connaît désormais l'importance de leurs méfaits, entre la pollution, l'altération biologique dont on ne connaît aucun détail, la propagation, et, surtout, la non efficacité, puisque les « nuisibles », en quelques générations, évoluent et tolèrent les poisons... Rien de tout ceci dans les cahiers, remercions Coralie pour sa vigilance, mais pour combien d'enfants qui vont gober ça sans rien remettre en question ? Coralie avait l'avantage d'être fille d'une filière biologique, donc clairement sensibilisée aux questions sur le problème...

La règle d'or, de toujours surveiller les travaux de vos enfants, reste de mise : non seulement vous en apprendrez plus sur vos enfants, mais aussi et surtout, vous pourrez toujours voir si des choses clochent, ce qui est loin d'être négligeable...

Ah, j'en vois qui me font signe qu'il s'agit du Canada, un pays lointain, dont la France n'a pas grand chose à voir. Oui, en effet, en France, cela n'a rien à voir : c'est pire.

En effet, depuis 2010 (l'année de la fameuse réplique, n'y voyez aucun lien), les chasseurs sont habilités à faire de la pédagogie dans les écoles, de la pédagogie pour... Le développement durable. C'est ce qu'ils appellent la « régulation des espèces », le souci, c'est que c'est généralement une régulation selon leurs critères : les espèces chassables d'un côté, les nuisibles de l'autre (celles qui chassent les mêmes espèces qu'eux généralement) et les autres espèces, celles qui n'ont pas d'intérêts pour eux, ou celles protégées, qu'ils ne peuvent pas tirer.

Le double souci de cette « régulation », c'est qu'elle ne régule les espèces que pour le bon plaisir des chasseurs, rarement (pour ne pas dire jamais) pour un maintien cohérent de la nature.

Nature qui s'autorégule en permanence, cela a été scientifiquement prouvé, et cela est connu depuis plusieurs générations.

La question qu'il faudrait poser, ce serait « pour un chasseur, c'est quoi, le développement durable ? » La réponse paraît évidente : garder un stock d'espèces chassables, point final. Et les autres espèces ? Pour faire joli, éventuellement, mais si elles s'attaquent au « gibier » des chasseurs, gare à elles... Renards, blaireaux, corbeaux, fouines, belettes, la liste est longue, vos jours sont comptés.

L'école, un lieu neutre ? Encore faudrait-il que certains lobby n'y entrent pas !

Mais l'école n'est pas le seul domaine sinistré. En fait, tous le sont, mais penchons nous sur la base de notre survie : l'alimentation. Vous pensez que vous avez le choix, que les aliments sont issus d'une concurrence saine ? Allons, réveillez vous. De quoi on se nourrit ? De fruits, de légume, et accessoirement (du moins, en théorie, certains en abusant) de la viande.

Sans entrer dans les détails –ce serait bien trop long- commençons par la viande. Je pense que le dernier scandale du cheval au lieu du bœuf vous a un peu ouvert votre paupière, mais si vous pensez que c'est le pire scandale de la filière, vous allez être déçu. Déjà, si l'on remonte un peu dans le temps, on trouvera de nombreux autres scandales, comme la vache folle ou la tremblote du mouton, mais sans même chercher si loin, notons d'autres scandales qui ont fait suite au cheval, comme le porc dans de la saucisse, les poissons ne correspondant pas aux étiquettes, la liste est longue, et le pire, c'est que ce n'est pas encore le pire... Parce que, au final, mangez du cheval au lieu du bœuf ne va tuer personne, surtout que la viande a été déclaré saine ; même si certaines personnes ne vont pas vouloir manger de cheval et en mangerons à leur insu, ça ne va pas les tuer.

Par contre, comment les animaux sont traités tout au long de leur vie est bien plus révélateur, car la qualité de leur viande va forcément s'en ressentir ! Et pour cela, quoi de mieux que d'aller voir un des nombreux documentaires sur le sujet ?  Il va falloir faire vite, car avec la pression des lobby, on ne pourra bientôt plus rien savoir à leur sujet, tant sur les conditions de vie que sur les abattoirs ! Mauvais traitements, endroits trop exiguës, nourriture donnée, gavages, surexploitation, anéantissement des mâles... La liste est longue des horreurs de la filière, et on voudrait nous le cacher ? Ne sommes nous pas en droit de savoir ce que l'on mange ? D'exiger que l'animal dont est issu la viande (il faut le rappeler, ça devient de moins en moins évident tant on le cache) soit un minimum bien traité ?

Le pire, c'est que ce scandale part de la naissance jusqu'à la mort : on nous cache les conditions de vie, mais aussi les conditions de naissances (femelles inséminées en continue), et même de leur mort ! Les abattoirs procèdent à la mort à la chaîne, et, cerise sur le gâteau, même le mode d'abattage nous est caché :  une quantité monstrueuse de viande halal est vendue sans aucune mention de ce mode d'abattage, alors même qu'il finance une religion...

Et si l'on parle de l'étiquetage, vous pensez bien qu'on est loin du compte : à peine inscrit-on l'origine de la viande, mais sans jamais ne serait-ce que mentionner le lieu exact, le mode de production, le mode d'abattage, la durée de vie de l'animal... Le strict minimum, juste pour nous rassurer sur l'origine, et la encore.

Vous êtes végétariens ou végétaliens, et cette polémique vous passer au dessus de votre tête ? C'est bien de ne pas manger de viande, ou d'en limiter la consommation (en passant, si tout le monde le ferait, votre santé et l'environnement en général n'en seraient que meilleurs), mais ça ne vous évite pas les dangers de l'alimentation. Car 2 énormes dangers, émanant d'un même lobby, nous font face : les pesticides (et tout leurs dérivés, dont les ogm) et l'accaparement des semences.

Je pense que la majorité des gens connaissent désormais les dangers des pesticides, mais il n'est pas inutile d'en rappeler les grandes lignes : de un, leur utilisation empoisonne les cultures et tout ce qu'il y'a alentour, leur addition et leur accumulation provoquant des cocktails toxiques dont nous n'avons aucune idée ; leur infiltration est totale, des nappes phréatiques jusqu'à notre sang, tout contient désormais des traces de pesticides et autres biocides. Mais surtout... Les pesticides n'ont qu'une durée d'efficacité limitée, très limitée. Les « nuisibles » visés s'adaptent, et finissent par survivre : nous sommes donc « obligés » d'augmenter les doses ou le nombre d'épandages, ce qui nous empoisonne d'autant plus, et ceci, sans fin, puisque les « nuisibles » continuent de se renforcer, des insectes aux plantes, ce qui rend tout ces poisons inutiles.

L'autre danger, l'accaparement des semences, provient surtout de Monsanto, la plus grosse firme du secteur. La, l'enjeu est de taille, en brevetant à tout va les semences, Monsanto en devient propriétaire, et pour les semer, il faut les acheter... Chaque année. Interdiction de prendre les graines pour l'année suivante ! Interdiction de prendre les semences du voisin sous peine de procès, quant bien même vous n'en voulez pas !

Pour le moment, ça ne concerne que certains OGM, mais il est certain que le but de cette société est de s'accaparer de toutes les semences, et pour cela, elle est fortement aidée par des gouvernements corrompus et/ou déconnectés de la réalité... Non non, je ne parle pas de l'Inde, du Brésil ou d'un quelconque pays émergent, je veux parler de l'UE !  Le catalogue officiel des semences est une véritable porte à la dictature de l'alimentation, qui condamne déjà les semences « non classées », et qui peut nous diriger vers des cultures obligatoires, qu'on ne nous vendra qu'à certaines conditions... Si les grosses entreprises arrivent à verrouiller ce secteur, il va falloir absolument tout homologuer, breveter, et vu le coût et le temps pour leur homologation, qui va bien pouvoir le faire ? Les grosses entreprises, bien évidemment ! Rappelons à ce sujet l'affaire du purin d'ortie, qui avait fait un peu de bruit à l'époque (parce que les sujets écologiques ne font jamais beaucoup de bruit), et qui découle du catalogue officiel : si pas homologué, interdit ! Simple, non ? Et terriblement dangereux, parce que, devoir homologué notre alimentation, c'est le mettre aux mains de quelques industries qui vont en profiter allégrement pour en faire un maximum de profit... Au détriment des consommateurs, évidemment.

Alors, l'environnement, oui, ça commence à bien faire. Ca commence à bien faire de la laisser se faire violer quotidiennement, malmener, maltraiter, humilier, exploiter, pour nos uniques intérêts à courts termes, alors même que tout les voyants sont au rouge foncé. A quand un sursaut écologique ? A quand de véritables mesures ? On peut toujours rêver...

 

Auteur : Sha-ka (2013)