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La forêt boréale

La forêt boréale canadienne se meurt

 

 

            Changhui Peng, professeur au Département des sciences biologiques et à l'Institut des sciences de l'environnement, est l'auteur principal d'un article publié dans la revue mensuelle Nature Climate Change. Intitulé «A drought-induced pervasive increase in tree mortality across Canada's Boreal forests», l'article démontre les effets des changements climatiques et des sécheresses sur le taux de mortalité des arbres de la forêt boréale canadienne, une première mondiale.

            La forêt boréale canadienne compte pour environ 77 % de couvert forestier canadien et pour environ 30 % des forêts boréales de la planète. Elle joue donc un rôle déterminant dans l'albédo de la Terre (le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface à l'énergie solaire incidente) et dans l'absorption des émissions globales de carbone.

            Le professeur Peng et ses collègues ont étudié des données provenant de 96 parcelles d'échantillonnage, situées à travers la forêt boréale canadienne, dans l'ouest (Alberta, Saskatchewan et Manitoba) et dans l'est (Ontario et Québec). Les parcelles contenaient au total 22 425 arbres vivants. Plus de 74 556 observations de données y ont été effectuées entre 1963 et 2008.

            En conclusion, l'étude du professeur Peng démontre que le taux de mortalité des arbres de la forêt boréale canadienne a augmenté en moyenne de 4,7 % par année de 1963 à 2008. L'augmentation était plus marquée dans les régions de l'ouest du pays (4,9 %) que les régions de l'est (1,9 %). Les sécheresses régionales qui ont affecté l'Ouest canadien sont ciblées comme étant la cause la plus probable de cette augmentation du taux de mortalité des arbres.

Plusieurs études ont été réalisées à travers le monde à propos de la mortalité des arbres en lien avec l'augmentation du nombre de sécheresses, mais l'étude du professeur Peng est la première à traiter de la forêt boréale canadienne de façon aussi détaillée. Elle confirme les résultats d'études antérieures effectuées dans les forêts tropicales de l'Amazonie et dans les forêts tempérées de l'Ouest américain.

            Si le taux de mortalité des arbres continue à augmenter plus rapidement que la croissance dans la forêt boréale canadienne, celle-ci ne pourra plus jouer un rôle clé comme puits de carbone. Au contraire, elle pourrait plutôt devenir productrice d'émissions de carbone, ce qui aurait pour effet d'augmenter de façon importante les niveaux de carbone de la planète durant le prochain siècle.

Référence:

Mont Rigaud, (2011). A drought-induced pervasive increase in tree mortality across Canada's boreal forests - Nature Climate Change 1, 467–471.